Etape suivante à l’avancement de la réalisation de ce super tricot déniché en page 15 du catalogue automne hiver : le choix du fil. Mais même sans modèle sur lequel s’appuyer, il est important de bien choisir sa laine, en fonction de son projet tricot.

Pour être sûr de faire le bon choix, on tient compte de plusieurs éléments, à commencer par la destination de l’ouvrage. On tient également compte de son niveau au tricot.

C’est quoi exactement la laine ?

J’ouvre une petite parenthèse concernant la laine parce que j’ai souvent entendu des remarques sur cette fameuse laine qui n’en ai pas, et ça demande un petit éclaircissement.

Choisir sa laine, c’est choisir son fil à tricoter, et il n’est pas forcément en laine.

Il y a énormément de confusions entre la laine qu’on trouve dans les magasins, et la texture laine. En anglais, ils distinguent le fil à tricoter (yarn) de la texture (wool). Nous autres, francophone, avons le même mot pour les deux. On comprend mieux que certains n’y comprennent rien ?

Les différents fils à tricoter

La composition du fil à tricoter est sans doute l’élément le plus important pour déterminer si le fil qu’on va choisir est adapté à notre projet. Pour la trouver, on se réfère à l’étiquette qui accompagne la pelote ou l’écheveau. Il existe un large choix de matière, mais on peut les classer dans 3 grandes familles pour s’y retrouver.

Les fils synthétiques

Se sont les plus nombreux, parce que les plus faciles à produire, ne dépendant pas d’un organisme vivant mais de l’industrie. Acrylique, polyester, nylon…. les fils synthétiques ont l’avantage majeur d’être peu coûteux, et résistants. Ils sont moins isolants que les fils naturels mais ils proposent généralement un plus large choix de couleur et surtout des consignes d’entretien moins compliquées que les fils issus du végétal ou de l’animal.

Les fils naturels

Ce sont les fils issus du végétal (coton, lin, chanvre..) ou de l’animal (soie & laine). Les fils végétaux comme animaux sont isolants, soit du chaud pour les premiers, soit du froid pour les seconds, et thermiques. Les fibres végétales sont plus résistantes que les fibres animales mais elles sont beaucoup moins élastiques et ne peuvent donc pas s’y substituer dans les projets. Les fils végétaux s’entretiennent plus facilement que la laine, et ont l’avantage de ne pas attirer les mites. Pas contre, ils sont plus enclins à la moisissure et protège moins bien de l’eau.

Si on se sent un peu concerné par le cause animale, on opte pour les fils issus de petites filatures car elles ne maltraitent pas les animaux. Loin de moi l’idée de prôner le Made in France, mais si vous êtes contre la maltraitance, je vous confirme que nos filatures françaises font bien plus attention au confort de l’animal durant la tonte que ces grosses structures chinoises ou australiennes. On garde donc un œil sur la provenance de la laine, mais également sur le fonctionnement de nos marques locales. Certaines font en effet venir la laine de l’étranger et ne s’occupent que du filage et de la teinture, tout en ayant quand même le droit de coller l’étiquette Made in France. Attention donc. Sinon on se rabat sur le coton, mais la question devient alors environnementale car la production de coton est une des plus polluantes du monde… Reste le bio ?

Les fils mélangés

Ils sont fréquents, dans un soucis d’économie autant que dans le but d’améliorer la qualité de certains fils. De nos jours la majorité des fils à tricoter que nous utiliser sont élaborées à partir de 2 ou 3 composants. Ainsi, la résistance d’un fil issu de l’animal peut être amélioré en le mélangeant à un fil synthétique. Le plus souvent, ce sont le polyamide et l’acrylique qui sont mélangés aux fibres naturelles.

Un choix en fonction du projet tricot

On n’opte pas pour la même laine quand on veut tricoter un pull pour un bébé et un tapis pour le salon. Exactement comme on n’optera pas pour le même fil pour faire un châle d’été ou un châle d’hiver.

Si on doit acheter son fil en fonction d’un modèle tricot sur lequel on a craqué, inutile de trop se creuser les méninges, il suffit de suivre le guide.  Si on se lance dans une réalisation plus personnelle, il vaut mieux s’attarder sur quelques considérations techniques :

  • la composition évidement : fibres naturelles (coton, lin, laine…), fibres synthétiques (polyester, acrylique…)
  • l’épaisseur du fil : on ne fait pas la même chose avec un fil épais et un fil fin, il faut donc être vigilant à ne pas acheter quelque chose de trop fin pour faire un couverture par exemple, sauf à y passer des semaines.
  • la texture : le mérinos et le cachemire n’ont pas le même toucher que le coton ou une fibre synthétique
  • son mode d’entretien : on y pense rarement mais si on veut tricoter quelque chose qui devra être laver souvent, on évite les laines fragiles qui se détériorent rapidement. et on garde en tête que les fils naturels apprécient moyennement le passage en machine, bien trop violent.

Pour les vêtements, tout est envisageable. En contact avec la peau, il faut privilégier des fils à la fois doux et solides. Si l’ouvrage est à destination d’un bébé, il vaut mieux éviter les fils poilus. Pour les projets maison, la solidité est de mise, les fils synthétiques sont le meilleur choix surtout si l’usage est intensif.

Un choix en fonction de son propre niveau de compétence

Quand on débute, mieux vaut opter pour une laine de taille moyenne et résistante. Elle doit en effet être capable de supporter le tricotage/détricotage. J’ai tendance à conseiller aux débutants de s’orienter vers des fibres acryliques car elle tiennent plutôt bien le choc, ainsi que les mélanges laine/acrylique. Mais si on refuse d’utiliser une fibre faite à base de pétrole, des fils pur laine sont également une option à considérer. On aurait tort de se priver d’apprendre avec de la fibre naturelle surtout qu’on en trouve à petit prix, mais elle demande une plus grandes attention car les fils d’origine animale sont les moins résistants de tous.

Quelque soit la composition, je conseille au débutant de choisir sa laine dans les tons clairs et unis, ça facilitera la vie quand viendra le moment de vérifier le tricot. Essayez donc de retrouver une maille perdue dans un océan de poils ou de froufrous noirs pour voir. Les fils fantaisies sont donc également à bannir, au moins le temps d’avoir intégrer les bases. Et on évite les fils trop glissants de type soie, ou les fils très fins ou très épais mais fragiles. Le but est de se simplifier la vie pour mettre tous les chances de son coté et ainsi progresser.

Echeveau ou pelote ?

Cela n’a aucune importance, il ne s’agit que d’un conditionnement. C’est bien la qualité du fil qui compte, pas la façon dont il est présenté. L’avantage de l’écheveau c’est qu’il est souvent vendu par poids de 100 gr, alors que pour une laine équivalente présentée en pelote, on ne dépasse pas les 50 gr. On garde donc un œil attentif sur le poids de la laine car c’est ce qui influence le métrage mais aussi le prix. L’inconvénient majeur de l’écheveau est qu’il ne s’utilise pas en l’état. Il faut le passer en pelote avant usage sauf si on veut passer des heures à démêler des nœuds, alors qu’il suffit de trouver l’extrémité du fil pour pouvoir utiliser la pelote.

Selon où on achète l’écheveau, le commerçant aura sans doute un dévidoir et un bobinoir pour pouvoir créer cette fameuse pelote. Je conseille de se renseigner avant d’acheter, mais si jamais, sachez qu’il existe des techniques pour passer un écheveau en pelote sans matériel spécifique. J’essayerais de faire un article à ce sujet à l’occasion.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page.

%d blogueurs aiment cette page :